L'installation d'une borne de recharge en entreprise ne se discute plus dans les mêmes termes qu'il y a quelques années. En comité de direction, la question porte moins sur la possibilité d'équiper le parking que sur la manière de mener le projet sans erreur de dimensionnement ni un planning qui prend du retard.
Fin juillet 2026, la France comptait 200 045 points de recharge ouverts au public selon le baromètre de l'Avere-France. L'infrastructure publique progresse vite, mais pour une flotte, la recharge sur site reste le maillon le plus rentable pour maîtriser le coût de la recharge.
Ce guide déroule le projet complet, de l'expression de besoin à la bascule en exploitation. Il couvre les délais réels, le budget poste par poste, les obligations issues de la loi LOM et les aides encore accessibles en 2026. Il s'adresse au gestionnaire de flotte, au directeur financier, à l'office manager ou au responsable RSE qui structure son dossier avant de consulter des prestataires.
Comment se déroule l'installation de bornes de recharge en entreprise ?
Un projet d'infrastructure de recharge pour véhicules électriques, ou projet IRVE, suit toujours la même logique, quelle que soit la taille du site. La différence entre un projet maîtrisé et un projet subi se situe en amont, dans l'étude et le raccordement, puis en aval, dans l'exploitation.
La pose des bornes est la phase la plus visible du projet, et pourtant celle qui présente le moins de risques une fois les études faites.
Un déploiement complet se découpe en cinq phases, dont chacune produit un livrable que vous pouvez exiger de votre prestataire :
- L'expression de besoin et l'audit du site aboutissent à un cahier des charges qui fixe le nombre de points de charge et leur puissance.
- Le dimensionnement et les études techniques produisent une note de dimensionnement électrique, qui engage le prestataire sur la puissance retenue.
- La gestion du raccordement se matérialise par un dossier déposé auprès d'Enedis.
- L'installation couvre le génie civil, la pose et le câblage, jusqu'à la mise sous tension.
- La mise en service donne lieu à un procès-verbal de réception, qui fait entrer l'infrastructure en exploitation.
Une consultation portant sur le seul prix de la borne laisse donc hors périmètre les deux phases où le budget et le planning ont le plus d'impact. Les étapes qui suivent détaillent ce que chacune exige de vous et de votre prestataire.
Étape 1 : exprimer le besoin et auditer le site
La première étape consiste à décrire des usages avant de choisir le moindre matériel. Vous documentez la taille de la flotte et sa croissance prévue, les kilométrages quotidiens, les durées de stationnement, la nature des véhicules entre service, fonction et visiteurs, enfin le nombre de places disponibles.
En parallèle, un audit électrique établit ce que le site peut absorber : puissance déjà souscrite, capacité résiduelle du tableau général basse tension, le TGBT depuis lequel toute l'électricité du bâtiment est distribuée, et état du génie civil existant. La distance entre ce tableau et les places à équiper constitue à elle seule un facteur de coût majeur, comme le montre la section consacrée au budget.
Sur la plupart des sites, les besoins exprimés dépassent les besoins constatés, souvent parce que le cahier des charges raisonne sur le parc théorique et non sur les véhicules qui se branchent réellement chaque jour. Il est donc conseillé de dimensionner sur les usages observés, quitte à prévoir une extension, plutôt que sur le parc complet. Ce choix évite le surinvestissement le plus fréquent, celui d'une puissance souscrite pour des bornes qui ne vont pas être utilisées.
Étape 2 : dimensionner l'installation et choisir les bornes (AC ou DC)
Le dimensionnement traduit ces usages en puissance installée. Le premier arbitrage porte sur le type de courant : la recharge en courant alternatif, dite AC, couvre 7,4 à 22 kW et convient aux véhicules qui stationnent plusieurs heures d'affilée, tandis que la recharge en courant continu, dite DC, démarre autour de 50 kW et s'adresse aux usages critiques et aux rotations rapides. Le tableau ci-dessous résume à quel type d'usage correspond chaque niveau de puissance.
Pour la grande majorité des sites tertiaires et des dépôts de véhicules légers, l'AC entre 7,4 et 22 kW couvre les besoins. Le DC ne se justifie que pour des flottes qui roulent en continu, et il alourdit sensiblement le raccordement.
Le second arbitrage porte sur le pilotage de la puissance. Le smartcharging répartit dynamiquement la puissance disponible entre les bornes en service, au lieu d'additionner les puissances nominales de chaque point de charge. Il écrête les pics de consommation, permet de souscrire moins de kVA et maintient le coût de recharge sous contrôle.
Deux précautions techniques se prennent dès cette étape. Pré-équiper les fourreaux et le câblage au-delà du besoin immédiat permet d'ajouter des points de charge plus tard sans rouvrir de tranchée. Côté standards, le connecteur Type 2 fait référence en courant alternatif et le Combo CCS en courant continu, selon les définitions du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 ; il est par ailleurs conseillé d'exiger des bornes communicantes au protocole OCPP, un langage ouvert qui vous laisse libre de changer de logiciel de supervision sans changer de matériel.
Étape 3 : gérer le raccordement Enedis, le vrai point de vigilance
Le raccordement conditionne le calendrier global du projet, et c'est pourtant la phase la plus souvent sous considérée. Enedis prévoit deux scénarios : raccorder les bornes sur le compteur existant, après vérification de la puissance souscrite et de la marge réellement disponible, ou créer un point de livraison dédié, avec suivi de consommation séparé, puissance garantie et facturation distincte.
Le kVA, unité dans laquelle se mesure la puissance que le réseau met à disposition du site, sert ici de seuil administratif : en dessous de 36 kVA la demande passe par le portail de raccordement classique, au-delà elle relève du portail entreprises. Dans les deux cas, le raccordement constitue la variable la plus longue du planning, et il doit être instruit dès la phase d'étude, avant même que le matériel ne soit choisi. Un dossier déposé une fois les bornes commandées expose le projet à une attente difficile à rattraper ensuite.
Étapes 4 et 5 : installation, mise en service et bascule en exploitation
Le chantier enchaîne le génie civil, avec les tranchées et les massifs de fondation, la pose des bornes, le câblage, les protections électriques, puis la signalétique et le marquage au sol. Cette phase est la plus courte du projet dès lors que les études ont été correctement menées, et elle se déroule sans interrompre l'activité du site.
La mise en service ne se limite pas à la mise sous tension. Elle comprend les tests de charge, le paramétrage de la supervision, la création des badges et des droits d'accès, la formation des équipes et le procès-verbal de réception. Ce document marque le passage à l'exploitation, phase durant laquelle se jouent la disponibilité, la maintenance et le pilotage du coût de recharge.
Un opérateur 360° comme Bump intervient sur les cinq phases, avec un seul interlocuteur de la conception à l'exploitation, un modèle qui réunit aujourd'hui plus de 1 000 clients B2B et 21 600 bornes opérées.
Avant toute consultation, un expert Bump cadre ce besoin avec vous : dimensionner mon projet IRVE.
Quels délais pour installer des bornes de recharge en entreprise ?
C'est la question posée dès le premier rendez-vous, et le marché y répond rarement de façon claire. Pour un projet type sur un site unique, comptez environ quatre mois entre le lancement de la conception et la mise en service, à condition de mener les phases en parallèle plutôt qu'en série. Le tableau ci-dessous reprend les quatre phases qui composent ce calendrier.
Le raccordement reste la variable d'ajustement principale, pour les raisons évoquées à l'étape 3, tandis que les autres phases sont largement maîtrisables. Trois facteurs allongent régulièrement le calendrier :
- La création d'un nouveau point de livraison allonge le délai d'instruction par Enedis.
- Un génie civil important, lorsque le parking est éloigné du tableau électrique, mobilise davantage de travaux.
- Les autorisations spécifiques qu'exigent un site classé ou une copropriété tertiaire introduisent des étapes administratives supplémentaires.
Ces trois facteurs se cumulent parfois sur un même projet, et leur effet sur le planning se mesure dès l'audit.
Un déploiement multi-sites ne s'obtient pas en additionnant ces délais. Mené sous une gouvernance projet unique, avec des dossiers de raccordement instruits en parallèle, il se conduit en trois mois, comme l'illustrent les déploiements réalisés pour CDiscount, sur plusieurs sites, et pour Bureau Veritas. Dans tous les cas, un projet correctement séquencé n'interrompt jamais l'activité du site.
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Combien coûte l'installation d'une borne de recharge en entreprise ?
Pour une installation en entreprise, comptez 2 000 à 6 000 € par borne hors aides. La fourchette est large, et les chiffres qui circulent divergent pour une raison simple : la plupart des estimations isolent le prix du matériel, qui varie peu, du reste du projet, qui varie beaucoup selon la configuration du site.
Au-delà du montant initial, un projet se raisonne en coût total de possession (TCO), car une infrastructure achetée au meilleur prix mais mal exploitée revient plus cher sur cinq ans qu'une infrastructure bien dimensionnée et pilotée.
Les postes de coût d'une installation
Le prix d'installation d'une borne de recharge en entreprise se décompose en cinq postes, dont le poids relatif change complètement d'un site à l'autre :
- Le matériel regroupe les bornes, les câbles et les protections électriques ; c'est le poste le plus stable et le plus facile à comparer entre offres.
- Le génie civil couvre les tranchées, les massifs et la longueur de câblage entre le TGBT et les places à équiper, et devient prépondérant dès que le parking est éloigné du local technique.
- Le raccordement inclut le dossier Enedis et, le cas échéant, l'augmentation de puissance souscrite.
- La supervision couvre la mise en service logicielle, les profils d'accès et l'intégration à vos outils de gestion.
- La signalétique et le marquage au sol closent le chantier et conditionnent le bon usage des places réservées.
Sur ces cinq postes, quatre facteurs font varier le budget du simple au triple :
- La distance entre le tableau et le parking pèse directement sur le coût du génie civil.
- Le nombre de bornes posées en une seule fois amortit les frais fixes de chantier.
- La création éventuelle d'un point de livraison ajoute des coûts de raccordement.
- Le recours au courant continu augmente la puissance et le coût des bornes.
Prenons un exemple concret. Sur un site tertiaire de quatre bornes AC 22 kW alimentées depuis un tableau proche du parking, le matériel et la pose dominent le budget, qui se situe dans le bas de la fourchette. Le même site avec un parking éloigné du local technique bascule vers le haut, le génie civil prenant alors le pas sur le matériel.
Les coûts d'exploitation : le vrai sujet du TCO
Une fois les bornes en service, quatre postes récurrents s'ajoutent au budget :
- L'abonnement à la plateforme de supervision couvre le pilotage quotidien des bornes.
- La maintenance préventive et corrective assure la disponibilité de l'infrastructure.
- L'abonnement électrique et le prix du kWh représentent le coût direct de l'énergie consommée.
- La gestion des accès et de la facturation organise les droits et la refacturation entre utilisateurs.
Pris isolément, chacun de ces postes paraît secondaire. Sur cinq ans, une borne mal supervisée ou un abonnement surdimensionné coûtent pourtant davantage que l'écart de prix entre deux modèles de bornes à l'achat. Une borne mal supervisée peut rester indisponible plusieurs semaines sans que personne ne le remarque, et un abonnement électrique surdimensionné se paie chaque mois pendant toute la durée du contrat. Trois leviers contiennent ces dérives :
- Le smartcharging, présenté à l'étape 2, écrête les pics de consommation et réduit la puissance souscrite.
- La supervision proactive détecte une anomalie avant que le conducteur ne la signale.
- Un contrat de maintenance assorti d'un engagement de disponibilité chiffré garantit le taux d'utilisation.
Des solutions comme celles proposées par Bump intègrent la maintenance corrective, pièces et main d'œuvre comprises, avec un engagement contractuel de 98 % de disponibilité et un taux constaté de 99,1 %.
Achat, location ou paiement à l'usage : quel modèle de financement ?
Le mode de financement pèse autant que le prix sur la décision. L'achat inscrit l'infrastructure à l'actif et l'amortit comptablement, tandis que la location et le paiement à l'usage basculent la dépense en charge d'exploitation, avec une prévisibilité mensuelle appréciée des directions financières et sans immobilisation de trésorerie. Quatre modèles couvrent ce spectre.
Ces quatre formules, jusqu'au zéro investissement initial, couvrent l'essentiel des configurations rencontrées. Le bon réflexe consiste à trancher ce point avec la direction financière avant la consultation, plutôt que d'accepter par défaut le modèle que propose le prestataire.
Quelles aides pour l'installation de bornes en entreprise en 2026 ?
Le paysage des aides a changé au 1er janvier 2026, et c'est le point qui surprend le plus les gestionnaires ayant bâti leur dossier sur les dispositifs antérieurs. Le programme ADVENIR ne reçoit plus aucune nouvelle demande au titre du volet flottes et salariés, celui qui couvrait les véhicules légers en entreprise. Toute estimation budgétaire qui l'intègre encore est à corriger. Le programme reste ouvert pour les bornes destinées aux poids lourds, avec une prise en charge pouvant atteindre 50 % selon les barèmes officiels.
Pour une flotte de véhicules légers, quatre leviers restent réellement mobilisables :
- Le choix du modèle de financement, puisque la location et le paiement à l'usage permettent de déployer sans investissement initial, ce qui pèse davantage qu'une subvention ponctuelle.
- L'amortissement comptable de l'infrastructure, qui réduit le coût net d'une acquisition, selon des modalités à valider avec votre expert-comptable.
- Les aides régionales et locales, qui existent dans plusieurs territoires avec des critères variables d'une collectivité à l'autre, et se vérifient au cas par cas auprès de la région ou de l'intercommunalité.
- L'exonération d'avantage en nature sur la recharge effectuée au travail, qui allège la note pour l'employeur comme pour le salarié, point détaillé plus bas.
Chacun de ces leviers se vérifie avant d'arrêter le budget, et deux dispositifs souvent évoqués méritent par ailleurs une mise au point. Les certificats d'économie d'énergie ne constituent pas un levier acquis ici, les fiches en vigueur visant les véhicules plutôt que les bornes d'entreprise : l'éligibilité se vérifie avant d'être inscrite au budget. Le crédit d'impôt pour l'installation d'une borne, lui, concerne les particuliers et non les entreprises.
Notre article sur les aides à l'installation de bornes en entreprise détaille l'ensemble des mécanismes, à lire en tenant compte de la fermeture du volet flottes intervenue depuis sa publication.
Pour chiffrer votre projet et identifier les dispositifs applicables à votre territoire : estimer mon projet et mes aides avec un expert.
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Êtes-vous obligé d'installer des bornes ? Loi LOM et règles à respecter
L'obligation d'équiper un parking ne dépend pas d'un seuil unique, mais du croisement de trois paramètres : la nature du bâtiment, selon qu'il est existant, neuf ou en rénovation importante, la taille du parking et la taille de l'entreprise qui l'occupe. Plusieurs seuils erronés circulent, notamment un prétendu déclenchement à 100 salariés, qui ne correspond à aucun texte.
Bâtiments existants, neufs, rénovés : qui est concerné et à quelle hauteur
Le tableau ci-dessous croise ces paramètres, tels que les précise la fiche F38491 d'Entreprendre Service Public.
La distinction entre équipement et pré-équipement structure toute la lecture de ces obligations. Équiper signifie poser une borne opérationnelle ; pré-équiper signifie amener l'infrastructure jusqu'à la place sans la borne, avec des conduits d'au moins 100 mm de diamètre et une alimentation dimensionnée pour 20 % des places. Un bâtiment neuf conforme peut donc n'avoir aucune borne visible.
Plusieurs situations échappent à ces obligations :
- Les PME sous les seuils d'effectif et de bilan ne sont pas concernées par la règle applicable aux bâtiments existants.
- Les micro-entrepreneurs ne sont pas visés par ces obligations.
- Une dérogation s'applique lorsque le coût des travaux de recharge dépasse 7 % du coût de la rénovation engagée.
- Une dérogation s'applique également lorsque les coûts de renforcement en amont du TGBT rendent l'opération disproportionnée.
En dehors de ces cas, des exigences techniques s'appliquent à toute installation réalisée au titre de l'obligation. Les bornes délivrent une puissance minimale de 22 kW, abaissée à une fourchette de 7,4 à 22 kW lorsque l'alimentation provient d'énergies renouvelables. La réglementation fixe aussi des puissances minimales de raccordement, exprimées en kVA et croissantes avec la taille du parc : les exemples officiels s'échelonnent de 15 à 42 kVA. Pour les bâtiments mixtes associant logements et surfaces tertiaires, l'obligation se calcule au prorata des emplacements affectés à chaque usage, comme l'illustre l'exemple officiel d'un parking de 80 places. Un régime de sanctions s'applique enfin en cas de non-conformité constatée.
Une obligation connexe se vérifie en même temps, car elle porte sur les mêmes surfaces : les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² doivent être équipés d'ombrières photovoltaïques, avec des échéances échelonnées entre 2026 et 2028, ces ombrières étant exonérées de taxe d'aménagement selon la fiche F31923. Traiter les deux sujets dans le même projet évite d'ouvrir deux fois le parking. Le détail de ces règles figure dans le guide des obligations des entreprises en matière de recharge.
La qualification IRVE de l'installateur
Au-delà de 3,7 kW, ce qui couvre la totalité des installations professionnelles, les travaux doivent être réalisés par un professionnel titulaire de la qualification IRVE, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. Cette qualification est délivrée par des organismes accrédités, parmi lesquels Qualifelec, et se décline en niveaux selon la puissance couverte.
L'exigence n'a rien d'une formalité administrative. Faire appel à un installateur de bornes de recharge en entreprise non qualifié expose à deux conséquences concrètes : la couverture d'assurance peut être remise en cause en cas de sinistre d'origine électrique, et l'installation devient inéligible aux dispositifs de soutien qui la conditionnent à la qualification. Il est donc conseillé d'exiger le certificat dans toute consultation et de le vérifier avant la signature, au niveau que précise la réglementation d'installation des bornes en entreprise.
Installateur ou opérateur de recharge : à qui confier votre projet ?
Deux modèles de partenaires coexistent, et le choix entre eux détermine ce qui se passe après la mise en service. L'installateur électricien intervient sur les travaux, pose l'infrastructure, établit la conformité puis passe la main. L'opérateur de recharge prend le projet en charge dès l'étude, gère le dossier de raccordement, réalise l'installation, puis exploite les bornes dans la durée par la supervision et la maintenance.
Pour trancher, posez à chaque candidat les mêmes questions opérationnelles :
- Qui suit le dossier de raccordement, et qui porte la responsabilité si la puissance retenue s'avère insuffisante ?
- Qui supervise les bornes au quotidien, et comment une anomalie est-elle détectée avant qu'un conducteur ne la signale ?
- Qui intervient en cas de panne, sous quel délai contractuel, et qui paie les pièces et la main d'œuvre ?
- Qui pilote le coût de recharge dans la durée, c'est-à-dire la puissance souscrite, les tarifs appliqués et la répartition des sessions ?
- Qui gère les badges et la facturation entre profils d'utilisateurs, et que se passe-t-il lorsque le parc s'étend ?
La troisième question est celle qui coûte le plus cher lorsqu'elle reste sans réponse écrite. Une borne en panne sur un site non supervisé reste hors service jusqu'à ce que quelqu'un remonte l'information, souvent plusieurs semaines, pendant lesquelles les recharges basculent sur le réseau public à un tarif bien supérieur.
Les entreprises déjà équipées ont une option supplémentaire. Un parc existant n'a pas à être remplacé pour être mieux exploité : dès lors que les bornes sont communicantes et parlent le protocole OCPP, elles peuvent être reprises en supervision par un nouvel opérateur, comme l'illustre la reprise réalisée pour Enedis. Sur l'ensemble de son parc, Bump résout plus de 9 incidents sur 10 à distance et intervient sur site en moins de 4h lorsque le déplacement s'impose, un fonctionnement détaillé sur ses pages opérateur de borne de recharge et maintenance des bornes de recharge.
Après l'installation : politique de recharge, domicile et avantage en nature
Une fois les bornes en service, une question devient centrale et relève autant des ressources humaines que de la finance : qui paie l'électricité consommée. Trois politiques se rencontrent, chacune avec ses conséquences sur l'usage réel des bornes.
- La gratuité pour les collaborateurs simplifie la gestion et favorise l'adoption, mais elle laisse l'entreprise assumer la totalité du coût, y compris pour les recharges à usage personnel.
- La refacturation au kWh consommé est la plus lisible et la plus équitable, puisque chacun paie ce qu'il a utilisé, mais elle suppose une supervision capable d'identifier les sessions par utilisateur.
- Une politique mixte distingue les profils entre véhicules de service, de fonction et véhicules personnels, et ajuste la règle aux situations sans multiplier les exceptions.
Quel que soit le choix, le mode de tarification pèse sur le comportement des conducteurs plus fortement que ne l'anticipent la plupart des gestionnaires. Une facturation perçue comme injuste, typiquement un forfait horaire qui pénalise un véhicule stationné sans recharger, fait chuter l'utilisation des bornes et reporte les sessions sur le réseau public.
Un point fiscal méconnu mérite d'être intégré à votre argumentaire interne. La mise à disposition d'une borne sur le lieu de travail, y compris pour un usage personnel du salarié, ne constitue pas un avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027, selon la tolérance de l'URSSAF. Une entreprise peut donc offrir la recharge à ses collaborateurs sans générer de charge sociale ni d'imposition supplémentaire pour eux.
La recharge au domicile des collaborateurs complète naturellement l'équipement du site, en particulier pour les véhicules de fonction. Les règles URSSAF applicables au 1er janvier 2026 encadrent le cas de la borne conservée par le salarié à la fin de son contrat : il n'y a pas d'avantage en nature si la prise en charge par l'employeur reste sous 50 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 057,10 € pour une borne de moins de cinq ans, ou sous 75 % dans la limite de 1 585,50 € pour une borne de plus de cinq ans. Les déploiements menés pour Bureau Veritas et Socotec illustrent cette articulation entre site et domicile à grande échelle ; ses modalités pratiques sont détaillées dans l'article consacré à la borne de recharge au domicile des collaborateurs.
Ces règles n'ont d'effet que si elles sont écrites. Il est conseillé de les rattacher à la politique automobile de l'entreprise, la car policy, qui fixe déjà les conditions d'attribution des véhicules : accès aux bornes, remboursement des frais et arbitrage entre recharge sur site, à domicile et en itinérance. Une gestion de la recharge de flotte électrique centralisée les applique ensuite sans traitement manuel.
Réussir son installation de bornes en entreprise : l'essentiel
Un projet de bornes électriques en entreprise se joue sur cinq décisions, prises pour la plupart avant le premier coup de pioche.
- Cadrer les usages réels de la flotte avant de choisir le matériel évite le surdimensionnement le plus courant.
- Instruire le raccordement dès la phase d'étude protège le calendrier, puisque c'est la variable la plus longue.
- Raisonner en coût total de possession sur cinq ans remet la supervision et l'abonnement électrique à leur juste poids.
- Exiger la qualification IRVE conditionne la conformité et la couverture assurantielle.
- Choisir un partenaire qui reste engagé après la mise en service détermine la disponibilité réelle des bornes.
Sur ces bases, un projet bien mené prend environ quatre mois de la conception à la mise en service sans interrompre l'activité du site, et trois mois pour un déploiement multi-sites conduit sous une gouvernance unique. Notre offre d'installation de bornes de recharge en entreprise couvre l'ensemble de ces phases. Pour valider votre configuration et votre calendrier, le plus simple reste de parler à un expert Bump.
FAQ
La recharge gratuite au travail est-elle un avantage en nature pour le salarié ?
Non. La mise à disposition d'une borne sur le lieu de travail, y compris lorsque le salarié l'utilise pour son véhicule personnel, ne constitue pas un avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027, en application de la tolérance URSSAF. L'entreprise offre donc un avantage social réel sans charge sociale ni imposition supplémentaire côté salarié. Les autres situations, recharge au domicile ou en itinérance, obéissent à des règles distinctes que détaille l'article sur le remboursement des frais de recharge électrique.
Peut-on installer des bornes de recharge dans des locaux loués ?
Oui, sous réserve de l'accord du bailleur, obtenu par écrit avant l'étude technique. Trois points se négocient : qui finance l'infrastructure entre le locataire et le propriétaire, ce que devient l'équipement à l'échéance du bail, et la procédure applicable en copropriété tertiaire, où l'accord du syndicat des copropriétaires peut être requis. Le droit à la prise permet par ailleurs à un occupant de faire équiper sa place de stationnement. Il est conseillé de formaliser ces points avant d'engager la moindre étude.
Est-il rentable d'ouvrir ses bornes au public ?
Cela dépend de votre localisation et de votre fréquentation. L'ouverture au public génère un revenu d'appoint et valorise le site auprès des visiteurs, mais le retour sur investissement repose entièrement sur le taux d'utilisation réel, souvent surestimé dans les prévisions initiales. Une ouverture au public se pilote comme une activité à part entière, avec sa tarification et son exigence de disponibilité, ce que permet une supervision des bornes de recharge centralisée.
Quelle puissance de borne choisir : 7,4, 11 ou 22 kW ?
La réponse dépend du temps de stationnement des véhicules et de leur kilométrage quotidien. Pour un véhicule qui reste sur le parking toute la journée ou toute la nuit, 7,4 à 11 kW suffisent largement à restituer l'énergie consommée. Le 22 kW se justifie pour des rotations plus rapides ou des recharges de mi-journée entre deux tournées. Le smartcharging mutualise la puissance disponible entre plusieurs bornes, ce qui réduit le besoin de puissance souscrite.
L'entreprise peut-elle récupérer la TVA et amortir l'installation ?
La TVA au taux de 20 % s'applique à l'installation en entreprise, et l'infrastructure de recharge s'amortit comptablement comme une immobilisation. Les modalités précises, en particulier l'étendue de la récupération de TVA et la durée d'amortissement retenue, dépendent de votre régime fiscal et de l'usage effectif des bornes. Ces points se valident avec votre expert-comptable avant l'arbitrage entre achat et location, puisqu'ils modifient le coût net du projet.
Peut-on encore toucher la prime ADVENIR en 2026 ?
Non pour les flottes de véhicules légers. Le volet flottes et salariés du programme ADVENIR est fermé et n'accepte plus aucune nouvelle demande depuis le 1er janvier 2026. Le programme reste ouvert pour les bornes destinées aux poids lourds, avec une prise en charge pouvant atteindre 50 % selon les barèmes en vigueur. Notre article sur les aides à l'installation de bornes de recharge en entreprise fait le point sur les dispositifs encore mobilisables.

Vous souhaitez équiper votre parking ?
Cadrons votre projet IRVE, de l'étude au raccordement jusqu'à l'exploitation.

